Pâturage sur la réserve naturelle

V.Graitson-Schmitt / CENCA
2 Juin 2020

Les pelouses sèches sur calcaire de la réserve naturelle sont d’origine agropastorale : historiquement, le pâturage par des moutons, des chèvres, des ânes ou même des vaches.

La réserve naturelle ayant pour objectif la préservation des espèces végétales et animales typiques de ces pelouses calcicoles, leur gestion récurrente est nécessaire.

Le pâturage extensif est un des outils de gestion écologique de la réserve naturelle, sans aucun objectif économique, touristique, ou pédagogique… Il ne s’agit en aucun cas de « nettoyage » ou de « faire propre ».

 

Modalité du pâturage

Jadis, le troupeau allait et venait en fonction de la nourriture disponible et était rentré dans le village chaque nuit par le berger. Bien que tout à fait adapté, le pâturage itinérant ne peut plus être envisagé aujourd’hui, les moutons sont donc maintenus en enclos mobiles, durant une période bien déterminée : c’est le pâturage en rotation.

Les secteurs de la réserve sont cloisonnés en plusieurs parcelles pâturées tour à tour avec des charges élevées sur de courtes périodes. Cette organisation permet de moduler l’intensité du pâturage d’une parcelle à l’autre de manière à privilégier les espèces typiques des pelouses, tout en tenant compte de la météorologie. Elle permet aussi de ne pas pâturer certaines parcelles durant une ou plusieurs années et favoriser ainsi la création de faciès hétérogènes, très intéressants d’un point de vue écologique.

 

Afin de permettre aux espèces, animales et végétales, présentes d’effectuer leur cycle complet sans perturbation majeure, il est nécessaire de créer des zones refuge au sein de la parcelle. Ces zones refuges peuvent être plus ou moins grandes selon l’état de conservation du site et des espèces présentes. Ces exclos sont délimités à l’aide de clôtures mobiles.

Les périodes de pâturage doivent être adaptées aux résultats attendus de la gestion. Les périodes d’interventions sur la réserve naturelle varient d’un site à l’autre en fonction de leurs exigences écologiques et de leurs usages. Par exemple, certains sites ne peuvent accueillir un pâturage printanier en raison de la présence d’une plante rare qui fleurit en mai. D’autres ne peuvent être pâturés après le 30 septembre en raison de l’activité de chasse.

Globalement, les périodes d’intervention sur la réserve naturelle sont les suivantes :

• Un pâturage printanier (mars-avril) est mis en place pour lutter contre les graminées sociales et ralentir la pousse des ligneux.

• Un pâturage en fin d’été, pour son effet sur la végétation ligneuse.

 

Mouton et chèvre : deux techniques différentes

Les moutons sélectionnent les herbacées selon leur appétence et façonne ainsi une pelouse relativement rase avec des zones de refus. Les moutons ayant tendance à faire leurs déjections toujours au même endroit, créent les conditions propices au développement de plantes nitrophiles comme les orties.

Les chèvres écorcent les arbres et arbustes, ce qui permet la limitation de ceux-ci sur la pelouse, au profit de place ensoleillée pour le développement d’espèces thermophiles, tant dans le règne végétal qu’animal.

Elles mangent même les aiguilles de Pin sylvestre.

A lire également

  • © JB Rougemont

    Évaluation chiffrée des dégâts de sanglier

    Le 29/12/2021
    Pourquoi cette étude ?

    Cette étude vise à quantifier les dégâts et l’impact du sanglier dans la réserve naturelle. Pour cela, plusieurs objectifs ont été établis et se divisent en deux axes :

  • Inventaire des amphibiens

    Le 29/12/2021

    Annulé en 2020 à cause du confinement lié à l’épidémie de covid-19, cet inventaire a été réalisé cette année sur 3 sites au sein de la Réserve Naturelle.