2ème évaluation chiffrée des dégâts de sanglier

©V.Schmitt - CENCA
22 Novembre 2024

Pourquoi cette étude ?

Ces dernières années, de nombreux dégâts de sanglier ont été repérés sur les pelouses et landes de la réserve naturelle.

Cette étude permet d’établir des constats en termes de fréquence, répartition et importance des dégâts occasionnés par la population de sanglier sur la réserve.

Comme en 2021, seuls les secteurs présentant des enjeux écologiques avérés (présence de faune et/ou de flore remarquable) en milieux de pelouses et de landes présents au sein de la réserve ont été visés dans cette étude.

 

Comment s'est déroulée l'étude ?

Du 29 au 31 octobre 2024, l'étude réalisée par le CENCA s'est portée sur les pelouses et landes de la Roche aux Chats, la Roche à Wagne, le Mont de Fromelennes, le Mont d’Haurs, le Terne des Marteaux, et les landes d’Aviette et Maurière.

Ce suivi consiste à relever au sein d’un échantillon de 120 placettes de 100m² l’occurrence des surfaces de boutis et piétinement/vermillis par le biais de 12 classes d’interprétation (0%, >0-5%, 6-10%, 11-20% etc.) afin de chiffrer quantitativement les impacts du sanglier.

Vermillis de sanglier sur la lande d'Aviette et Maurière - octobre 2024

Les résultats de l'étude

Parmi les 120 placettes échantillonnées, 105 comportaient des indices de présence (frottoir, passage, fèces, couchette) dont 36 présentant des impacts avérés (boutis et piétinement/vermillis cumulés). Toutefois, si cette proportion peut être considérée comme considérable, dans les faits seulement 12% des placettes présentes des impacts jugés significatifs (> 5%) et leur répartition au sein de la réserve reste très hétéroclite.

Seuls 3 secteurs présentent des indices de pression, à savoir, le Mont d’Haurs, le Mont de Fromelennes et les landes d’Aviette et Maurière. Parmi ceux-ci, le Mont d’Haurs est celui qui comporte la plus forte proportion d’échantillons présentant des impacts mais ces pressions restent toutefois dans l’ensemble très faible (> 0-5%). Elles sont par ailleurs davantage liées à du passage (piétinement) qu’à une recherche active de ressources alimentaires. En effet, les rares observations de boutis semblent se traduire majoritairement par des tentatives de recherches opportunistes et peu fructueuses. Ce constat est similaire sur le Mont de Fromelennes et les landes d’Aviette et Maurière.

Ainsi, les résultats obtenus en 2024 corroborent avec ceux de 2021. Par conséquent, on peut considérer les pressions engendrées par le sanglier comme n’étant dans l’ensemble pas significatives sur les végétations de landes et pelouses et ce en dépit d’une importante fréquentation du sanglier sur la réserve. Ces milieux semblent être utilisés comme corridor de déplacement plutôt que comme secteurs de nourrissage et cela semble pouvoir se justifier par la faible quantité de ressources nourricière en comparaison avec les habitats limitrophes (forêts, prairie ou culture de maïs).

 

Quelles perspectives ?

Afin de suivre l’évolution de la pression du sanglier sur la réserve et éventuellement confirmer notre hypothèse, cette étude sera réitérée en 2027.

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